La CAN2019 est l’occasion idéale pour parler de football en particulier et du sport en général. Nous avons assisté à un match de football dans un petit village du nom de N’daguessankro(dans la région de Bouaké) ce fut le Mercredi 26 février. Une manière à moi de raconter la place du foot dans le monde rural loin des projecteurs.

Après une journée de dure labeur sous une canicule étouffante, pendant que nous revenions des champs, nous sommes interpellés par les bruits de tam-tam annonçant le début d’un match imminent entre les enseignants(en majorité bénévole) et les jeunes de ce petit village niché en pleine savane ivoirienne.
30 minutes après les bruits de tam tam ,déjà c’est la liesse totale autour du terrain devenu noir de monde avant le début du match. Le chef du village et quelques membres de sa notabilité n’ont pas voulus se faire compter ce petit moment de plaisir, du côté des femmes ce sont les chants victorieux poussés afin de soutenir leur maris, frères et amis. Par ailleurs les élèves de ce campement d’à peine 200 âmes, ceux ci sont partagés entre leurs enseignants et leurs parents (Au moins les enseignants ont quelques supporteurs)

Le coup d’envoi donné, les femmes sont en transe avec des chansons un peu provocatrice sous le son du tam tam, une manière de chambrer les enseignants. Derrière, sur la route l’on aperçoit quelques paysans revenant des champs la machette juchée sur l’épaule, faire de courte escale histoire de s’enquérir du score de ce match amical épique.
Sur le terrain instituteur et jeune paysan ne se font pas cadeau et c’est le petit ballon(pot 5) qui subit inlassablement le martyre. À la mi-temps les deux équipes s’en sortent sur un score de zéro partout. C’est l’instant pour les belligérants de se ruer sur le bidon de 20 litres posté aux abord du terrain dans l’optique de boire à gorge déployée.
À la reprise, l’ambiance est à son paroxysme sur le terrain chaque joueur essaie d’influencer l’arbitre(qui est aussi enseignant) sans succès. Et c’est sur ce score vierge que l’arbitre poussait l’ultime coup de sifflet.
La fin du match annoncée tous les joueurs sont reçus chez le chef pour célébrer ensemble ce beau match nul dans une superbe ambiance conviviale pendant que les femmes s’affairaient à la cuisine pour le soupé d’après match.